Enregistrement de la Séance avec Alain Badiou: La politique à distance de l’Etat (7 juin 2017)

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Cette séance de Séminaire s’est tenue au Beaux-Arts à Paris le 7 juin 2017. Nous avons invité Alain Badiou pour parler de l’organisation politique à distance de l’Etat. Le texte écrit et modifié a ensuite été publié dans l’ouvrage Je vous sais si nombreux chez Fayard à l’automne 2017, qui réunit deux conférences d’A. Badiou.
Voici l’enregistrement de la séance, avec la discussion, et le texte de présentation ci-dessous.

A notre demande, l’exposé portera sur des problématiques précises qui traversent son oeuvre depuis plusieurs années et dont l’approfondissement nous semble essentiel, y compris pour le devenir de nos luttes et de nos pratiques militantes. Si le paradigme léniniste du parti d’avant-garde est aujourd’hui périmé, comment pouvons-nous penser de nouvelles formes d’organisation, à distance de l’État, tout en maintenant la nécessité stratégique d’un renversement du pouvoir fondamental de la propriété privée ? Si toute politique commence par une soustraction originaire à l’égard de la sphère représentative, quel est le réel de son inscription dans des lieux, des espaces, capables d’activer au présent le dépérissement de l’État ? Et quelles sont alors les modalités de la contrainte (et de la violence) pour autant qu’il s’agit de défendre le lieu ouvert par l’intervention collective, de forcer l’État, de le soumettre aux prescriptions populaires ? Comment passer de l’unité négative, circonstancielle, qui est nécessairement celle des mouvements sociaux à une unité affirmative de longue durée, apte à porter une dynamique révolutionnaire au-delà de la seule temporalité émeutière ? Quelle nouvelle définition de la victoire peut-on donner aujourd’hui, qui ne soit pas soumise à l’attraction fatale du pouvoir institutionnel ? Alain Badiou abordera également de manière critique la tentation, aujourd’hui répandue, d’un abandon pur et simple de la politique, d’une posture de retrait qui aurait pour effet de dissoudre l’action collective organisée dans la simple expérimentation éthique. Il défendra au contraire la perspective d’une nécessaire renaissance de la politique d’émancipation, radicalement hétérogène par rapport au cadre de la gestion parlementaire, et apte à engager une transformation effective et irréversible de la situation d’ensemble.

Autant de questions dont nous espérons que cette séance (ainsi que le moment de discussion ouverte qui l’accompagnera) permettra de dégager quelques éléments de réponse, quelques pistes d’orientation.

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